Sixième conte de la Nuit des Temps
Et les fils d’Adam connurent d’autres
filles
De celles qui n’étaient pas dans le livre de
Dieu.
Du créateur ils se disaient tous les fils,
Et les mères des hommes étaient filles des
hommes,
Donnant naissance aux générations impies
Qui ne croyaient en rien sinon en la mort.
Dieu donc décida qu’il se fut trompé,
Incohérence de l’Omniscient du Grand Rien
Et Noé à son tour prit la place d’Adam
oubliant cette fois la divine pensée
Mais gardant en mémoire l’humanité déchue
Avilie et perdue de la Nuit des temps.
Seth, Énoch, Henok et les autres,
Mathusalem et Lamech, pères de Noé,
Qu’à la colère de Dieu vous fussiez
condamnés
Parce que les fils de Dieu aux filles des
hommes
S’étaient approchés, faisant des
générations
D’impies, de voleurs et de méchanceté.
De ce que Dieu a voulu Noé a construit
Un bateau Sidéral pour que soit emmené
Tout ce qui était bon à voir ou à manger
Tout ce que le Créateur n’avait pas maudit.
Et la veille encore, en voyant sa télé
Aucun homme aurait cru que ce fut arrivé.
Les flots ont enflé, faisant au ciel la mer
Écroulant les rives, les talus, les montagnes
Emportant en leur sein toute l’humanité
Et les fleurs des prairies, et les oiseaux
sauvages.
Le tumulte dura tant que la colère amère
Du Créateur en furie ne se soit calmée.
Lentement, à regret, l’ange disparut.
Les requins sous la mer finirent le festin
de tous les hommes noyés et des enfants perdus
laissant à la surface l’onde plate et
fidèle
L’arc en ciel mystique en physique cruelle
qui fit croire à Noé en sa sincérité.
La promesse tenue d’une boue gigantesque,
De milliers d’années de troubles et de
fêtes,
tout cela noyé sauf Noé et son monde.
Ses fils et leur femme trouvèrent la terre
et ne trahirent alors ni leur père ni sa foi
Et au monde nouveau elles accouchèrent d’enfants
.
Aux filles de Noé, pauvres mères perdues
A leurs enfants promis à un monde meilleur,
Avons nous avoué leur naissance et leurs
pères
Pour qu’à notre tour nous soyons pardonnés
d’être les survivants d’une abomination
si longtemps gardée secrète dans nos cœurs.
Robinson © février 1996
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