|
12 septembre 2002
Il n'y aurait que mon chat, couché sur mes cuisses pendant
que je mets des mots sur la vitre de l'écran. Le ciel serait noir, et l'air
serait chaud et humide, comme une saison de cyclones. Et une voix de femme
chanterait Vivaldi, des solos de soprano avec des violons derrière, et le
silence de la forêt autour. Rien d'autre. Pas les discours des hommes qui se
croient importants. Pas les cris venus des courbes lointaines de ma planète.
Pas les murmures aux yeux fermés de prieurs gelés au fond d'un monastère. Pas
les larmes silencieuses d'un amour attentif mais perdu. Et là, rien d'autre
qu'une béatitude vide, une admiration de tout ce qui entre dans mes sens et qui
me fait communier avec tout et avec tous, et fondre un instant dans l'univers.
Des fois je me dis que c'est du rêve. Des fois je ne sais pas si je suis
vivant, et si le vivant c'est ça.
contact@robinsondesiles.com |