L île de Robinson

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21 janvier 2003

Une journée encore a tourné de l'aurore à la nuit les lumières qui ont fait le jour. Les rayons du soleil jouaient cet après midi sur les vagues océaniques quand je longeais la mer sur ma moto, retenu d'attention par le profil de la route qui serpentait entre les cocotiers, mais jouissant du coin de l'oeil de ce spectacle si simple et si beau. A l'autre bout de la planète, sous un toit parisien, quelqu'un  finit de monter un long escalier séculaire , rejoint son havre, chauffé de l'enthalpie des étages inférieurs, et met le CD de Karajan, où les notes du 2éme mouvement de la 8ème de Beethoven  embrasent un instant l'obscurité naissante de la pièce. Pendant ce temps-là, des hommes grimés des ocres du désert s'entraînent quelque part autour de l'ancien Eden pour célébrer bientôt la grande messe de la mort et du droit, ou de la mort tout court, c'est selon. Ailleurs , une jeune femme met au monde un enfant, cachée dans une cave d'immeuble... Le moteur de ma moto a fini de refroidir, et le soleil a fini de se coucher. A Paris, il est minuit, à Bassora il est 4 heures du matin, et le soleil se lève à travers les soupiraux de Pékin .

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