L île de Robinson

Les L C E    l'encyclopédie Tropicale   les images    la plage    les contes     lettres    les zines   Les voeux     Les liens et miens amis

 

25 mars 2003

Les frégates tournent en rond au dessus des arbres aux feuilles descendantes vers la mer. Ailleurs, j'entends dire que des bombes tombent, brutalement, aveugles, et que des hommes se cachent, souffrent, se débattent, et regrettent au moment de mourir d'avoir fait le geste qui donne ou attire la mort. Je suis trop loin, trop faible, trop seul. Je ne peux rien dire, rien sentir, rien d'autre que ce terrible abattement qui me tombe les épaules, qui me fait traîner mes pieds sur la sente entre la plage et l'ombre des cocotiers. Et tous ils pensent faire un devoir, défendre quelque chose, une idée de la liberté, peut être, la surface d'un champ de blé, le sommeil d'un nouveau-né, là, posé sur le ventre d'une mère endormie. Comment faire pour y croire, à ces rêves de victoire ? Au loin le soleil disparaît un jour encore au fond du ciel, rouge des nuages alizéens, rouge d'un sang lointain qu'on ne voit pas couler des plaies de vie. La nuit vient, une fois encore, elle n'a pas combattu pour cela, elle vient seulement comme les autres soirs, et la paix envahit le maquis de mon île. La paix...

 

contact@robinsondesiles.com